Live karavane chanjman

samedi 25 mars 2017

Le plateau du Golan, Israël, Donald Trump et la guerre du pétrole.



Des événements évoluent rapidement vers ce qui pourrait devenir une nouvelle guerre impliquant Israël, les États-Unis, la Syrie et la Russie. S’il devait en advenir ainsi, et honnêtement je ne l’espère pas, ceci constituerait une nouvelle et stupide guerre pour le pétrole. Seulement cette guerre pour le pétrole pourrait être encore plus dangereuse que la guerre américaine contre l’Irak ou la Libye, ou bien que toutes les autres précédentes guerres pour le pétrole. Car elle aurait pour objet cette partie de la Syrie appelée le plateau du Golan.
Le Premier Ministre israélien Benyamin Netanyahou, a été l’un des premiers chefs de gouvernement à se rendre aux États-Unis afin de rencontrer Donald Trump, le 16 février 2017, une fois Trump installé en tant que Président. Après cet événement, les principaux médias ont mis l’accent sur le thème des colonies israéliennes dans la bande de Gaza, sur l’accord nucléaire avec l’Iran ou bien sur la solution qui verrait deux Etats en Palestine.
Virtuellement, aucune mention ne fut faite par CNN et les autres médias PC[1] américains, au sujet du point le plus stratégique qui a été discuté par les deux hommes. Netanyahu a en effet demandé au Président américain, de reconnaître l’occupation israélienne illégale des hauteurs du Golan appartenant à la Syrie : c’est quelque chose qu’aucun Président américain n’a fait depuis qu’Israël les a ouvertement déclarées comme lui appartenant, en 1981[1].
Or ce qui s’est passé dans la région, depuis les pourparlers du 16 février entre Trump et Netanyahou, donne des raisons de croire que les États-Unis et l’Israël de Netanyahu sont tombés d’accord de façon secrète, sur une stratégie qui permettrait à Trump de reconnaître Israël comme occupant de fait du plateau du Golan, des suites de ce qu’ils appelleront ensembe le chaos grandissant de la “guerre civile” syrienne.
Deux semaines après les pourparlers de Netanyahu à Washington, le Jerusalem Post a écrit au sujet du réel enjeu qui fut discuté entre les deux dirigeants : « la plus grande nouvelle à venir de la visite du Premier ministre Benyamin Nétanyahou à Washington, n’est pas ce que l’on peut voir dans la plupart des gros titres. Ce serait plutôt sa décision de demander aux États-Unis de reconnaître la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan »[2].
Le journal israélien continue en argumentant : « le risque d’une restitution du plateau du Golan devrait être mesuré face au fait que l’Iran est en train de mettre en place activement un autre commandement avancé le long de la frontière israélienne avec la Syrie… capitaliser sur l’idée de Netanyahu aiderait les États-Unis à y limiter la réémergence de la puissance russe au Moyen-Orient après 40 ans d’absence »[3].
Israël, en violation de la charte des Nations unies, a occupé illégalement le plateau du Golan après que l’armée israélienne l’eut conquis durant la guerre des Six jours de 1967. Quand Israël a déclaré l’applicabilité de la loi israélienne sur le territoire, et a commencé à déployer des colonies israéliennes dans cette acte d’annexion de fait du plateau du Golan en 1981, le Conseil de Sécurité des Nations Unies adopta la résolution numéro 497, qui déclarait que « la décision israélienne d’imposer ses lois, juridictions et administrations sur le du plateau du Golan occupé, est nulle et non avenue, et dénuée de tout effet légal international. »[4]
Jusqu’à maintenant, la position du gouvernement américain officiel a été que l’occupation israélienne du plateau du Golan constitue une violation de la quatrième Convention de Genève, prohibant l’acquisition de territoires par la force, et contrevient à la Résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies n°242, adoptée en novembre 1967, qui imposait le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés durant le récent [1967] conflit »


Quelques jours après que Netanyahu eut quitté Washington, dans un éditorial OpEd[5] paru dans le Wall Street Journal de Rupert Murdoch, Mark Dubowitz, Directeur Exécutif du cercle d’influence [think tank] pro-israélien de Washington, la “Fondation pour la Défense des Démocraties”  [Foundation for the Defense of Democracies]”, a déclaré que la reconnaissance américaine du contrôle israélien sur le Golan « fournirait au gouvernement israélien une victoire diplomatique, qui aiderait l’Administration Trump à signaler à la Russie et à l’Iran, que les États-Unis planifient un nouveau cours des choses en Syrie ».[6] Les autres éditoriaux néoconservateurs ont fait écho au même thème.
Il y a un gros changement sur le feu à Washington, et il semble ressembler affreusement à une possible guerre d’Israël soutenu par les États-Unis, face à la Russie et son allié syrien, autour de cette question du plateau du Golan. Ceci pose immédiatement la question de savoir ce que la Russie ferait, si cette éventualité venait à se matérialiser.


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